Honoraires locataire : les plafonds 2026 ne sont pas la seule limite

Honoraires locataire : les plafonds 2026 ne sont pas la seule limite

Un locataire ne doit pas payer tous les frais réclamés par une agence. Seuls la visite, la constitution du dossier, la rédaction du bail et l’état des lieux d’entrée peuvent lui être partiellement facturés. Deux limites s’appliquent simultanément : le plafond par mètre carré et la moitié des frais facturés pour les prestations concernées. Voici les règles et montants applicables à compter du 1er janvier 2026 pour vérifier votre facture avant de payer.

Identifier les prestations réellement à votre charge

Pour une location d’habitation soumise à la loi du 6 juillet 1989, la rémunération de l’intermédiaire incombe en principe au propriétaire. Certaines prestations peuvent toutefois être partagées avec le locataire, dans les limites fixées par la réglementation.

Calculer le plafond des honoraires locataire

Estimez le montant maximal imputable au locataire, selon la zone du logement et les factures indiquées.

Saisissez la surface habitable du logement.

Résultat du calcul

Visite, dossier et rédaction du bail

Plafond au m²
—
Plafond selon la surface
—
Moitié de la facture TTC
—
Maximum imputable
—

État des lieux d’entrée

Plafond au m²
3,03 €/m²
Plafond selon la surface
—
Moitié de la facture TTC
—
Maximum imputable
—
Total maximal imputable au locataire —

Renseignez une surface supérieure à zéro pour afficher le calcul.

Barèmes applicables à compter du 1er janvier 2026. La surface saisie doit être la surface habitable. Ce calcul ne couvre pas les frais de gestion, d’entremise ni les frais d’état des lieux de sortie.

Le terme « honoraires locataire » désigne ainsi une part encadrée des frais d’agence, et non une commission que le professionnel pourrait fixer librement à votre charge.

PrestationPrise en charge
Visite, constitution du dossier et rédaction du bailPartage possible, sous double limite
État des lieux d’entrée réalisé par un professionnelPartage possible, avec un plafond spécifique
Annonce, recherche du locataire et entremisePropriétaire
Gestion locative du logementPropriétaire
État des lieux de sortie amiable et contradictoireAucun frais imputable au locataire

La gestion locative comprend les prestations effectuées pour le compte du bailleur pendant la location. L’agence ne peut donc pas vous transférer sa commission de gestion sous une autre appellation. L’envoi d’une quittance ne doit pas davantage donner lieu à une facturation au locataire.

Si vous louez directement auprès d’un particulier, sans intermédiaire, il n’y a pas de commission d’agence. Le propriétaire ne peut pas transformer ses propres démarches de visite ou de préparation du contrat en honoraires professionnels facturés au locataire.

Les plafonds 2026 selon la zone et la surface habitable

Les plafonds suivants s’appliquent à compter du 1er janvier 2026. Ils sont exprimés toutes taxes comprises, par mètre carré de surface habitable. Le plafond de mise en location couvre ensemble la visite, le dossier et la rédaction du bail : il ne peut pas être appliqué trois fois.

Infographie des plafonds d’honoraire locataire par zone et pour l’état des lieux d’entrée en 2026
Infographie des plafonds d’honoraire locataire par zone et pour l’état des lieux d’entrée en 2026
Situation du logementVisite, dossier et bailÉtat des lieux d’entrée
Zone très tendue12,10 €/m²3,03 €/m²
Zone tendue10,09 €/m²3,03 €/m²
Zone non tendue8,07 €/m²3,03 €/m²

Selon l’ANIL, le plafond de l’état des lieux d’entrée est de 3,03 €/m² à partir de cette date. Il est identique sur tout le territoire, contrairement à celui de la mise en location.

Pour identifier la zone, vérifiez le classement réglementaire de la commune dans les outils officiels, notamment ceux accessibles depuis Service-Public. Ne vous fiez pas uniquement à la tension ressentie sur le marché local : une ville où les logements sont rares ne relève pas nécessairement de la catégorie « très tendue » applicable à ces honoraires.

La base de calcul est la surface habitable, pas une surface commerciale incluant toutes les annexes. Un balcon, une terrasse, une cave ou un garage ne s’ajoutent donc pas automatiquement aux mètres carrés retenus. Comparez la surface utilisée sur la facture avec celle du bail.

Calculer le maximum : toujours retenir la limite la plus basse

Le plafond au mètre carré n’est pas un forfait automatiquement dû. Selon Service-Public, la somme imputée au locataire ne peut pas non plus dépasser la moitié des frais facturés pour les prestations partageables concernées.

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  1. Multipliez la surface habitable par le plafond correspondant à la prestation et, si nécessaire, à la zone.
  2. Divisez par deux le total des honoraires facturés au propriétaire et au locataire pour ces mêmes prestations.
  3. Retenez le plus petit des deux résultats comme maximum imputable au locataire.

Effectuez ce contrôle séparément pour le bloc visite-dossier-bail et pour l’état des lieux d’entrée. Une facture globale incluant de la gestion ou de l’entremise doit être détaillée avant de pouvoir être vérifiée.

Exemple pour la visite, le dossier et le bail

Pour un logement de 25 m² en zone très tendue, le plafond est de 25 × 12,10 € = 302,50 €. Si l’agence facture au total 500 € pour les prestations concernées, la part locataire ne peut pas dépasser 250 €. Avec une facture totale de 700 €, elle est limitée à 302,50 €, même si la moitié de la facture atteint 350 €.

Pour la même surface, le plafond serait de 252,25 € en zone tendue et de 201,75 € en zone non tendue. Dans chaque cas, il faut encore comparer ce montant à la moitié des frais réellement facturés.

Exemple pour l’état des lieux d’entrée

Service-Public présente le cas d’un logement de 25 m² : le plafond atteint 25 × 3,03 € = 75,75 €. Pour une facture totale de 170 €, le locataire paie au maximum 75,75 € et le propriétaire 94,25 €. Si la facture totale est de 100 €, chacun paie 50 € : le plafond ne justifie pas de réclamer davantage.

Le bon point d’ancrage n’est donc pas le montant annoncé, mais la prestation facturée. Pour chaque ligne, associez un service précis, son coût total et sa clé de répartition. Cette petite « carte des frais » permet de repérer un poste réservé au bailleur qui aurait été noyé dans un forfait d’entrée.

Prévoir le paiement et distinguer entrée, renouvellement et sortie

Les honoraires de visite, de dossier et de rédaction du contrat sont dus à la signature du bail. Une visite ou le dépôt d’un dossier ne suffit pas à rendre ces honoraires exigibles. Les frais d’état des lieux d’entrée sont, eux, dus lors de la réalisation de cette prestation.

Pour préparer votre budget, séparez ces honoraires du dépôt de garantie et du premier loyer. Ces sommes répondent à des règles différentes et doivent rester identifiables dans les demandes de paiement.

Au renouvellement, une simple reconduction du contrat ne justifie pas automatiquement de nouveaux frais. La rédaction d’un nouveau bail par un professionnel peut donner lieu à un partage dans les conditions décrites par Service-Public, sous réserve des plafonds applicables. Demandez quelle prestation nouvelle est effectivement réalisée.

À votre départ, l’état des lieux de sortie amiable et contradictoire ne peut pas vous être facturé, même si le bail prévoit une ligne de frais à ce titre. Si un état des lieux amiable est impossible et qu’un commissaire de justice intervient dans le cadre légal prévu, les frais réglementés sont partagés selon les modalités applicables. Ce cas doit être distingué d’une intervention simplement choisie par l’agence.

Vérifier une facture et demander la correction d’un trop-perçu

L’agence doit afficher ses prix maximum TTC et préciser qui paie chaque prestation. Avant la signature, confrontez le barème, l’annonce, le bail et le détail des honoraires demandés. Un tarif affiché n’écarte jamais les limites légales.

  • Vérifiez la surface habitable et le classement de la commune.
  • Exigez une séparation entre mise en location et état des lieux d’entrée.
  • Demandez le montant total des prestations partageables et leur répartition entre bailleur et locataire.
  • Contrôlez les deux limites, puis le moment où le paiement est demandé.
  • Conservez l’annonce, le barème, le bail, la facture et les preuves de paiement.

En cas d’écart, adressez une demande écrite à l’agence avec votre calcul et les lignes contestées. Si vous avez déjà payé, demandez le remboursement du trop-perçu en précisant le montant. Sans résolution, une ADIL peut vous aider à examiner les pièces et à choisir la démarche adaptée. L’essentiel est de contester sur des éléments vérifiables : prestation, surface, zone et répartition réelle des frais.